
Livres
Je n'ai pas toujours été passionné pour l'écriture contrairement à ce que j'éprouve actuellement. Avant l'âge de 16 ans, je détestais écrire car je présentais des limitations cognitives qui ne me permettaient pas de rédiger mes pensées de façon efficace. À ce moment, c'était laborieux pour moi de construire une phrase simple. Avant d'atteindre l'âge de 16 ans, je n'étais pas disponible pour les apprentissages. Je détestais vigoureusement l'école que je comparais à un centre de détention carcérale!
Lorsque je fréquentais l'école primaire, entre l'âge de 5 à 11 ans, j'étais d'abord troublé par le lourd vécu traumatique que je contenais très secrètement à l'intérieur de moi. Aussi, j'étais anxieusement préoccupé par l'intimidation soutenue que je subissais de la part des prédateurs de mes écoles. Comme nous déménagions fréquemment, toujours en milieu rural, j'étais le nouveau de l'école, l'étrange sur qui on tape... Les intimidateurs me frappaient parfois littéralement, ils me donnaient des jambettes, renversaient mon sac d'école ou le contenu de ma boîte à lunch, baissaient mon pantalon et mon caleçon devant les autres élèves, ils me menaçaient répétitivement de me casser la gueule, me traitaient irrespectueusement, puis de façon cavalière et méprisante, ils m'humiliaient en me scandant des grossièretés qui faisaient rire certains enfants qui se trouvaient à proximité, etc.
À l'âge de 12 ans, lorsque je suis arrivé à l'école secondaire, j'atterrissais dans une école polyvalente contenant près de 2000 élèves. Lors des périodes de pause, le brouhaha et la cacophonie qui accompagnaient le placotage et parfois même les cris des enfants, mais aussi les actions et les déplacements bruyants de cette masse d'adolescent(e)s fringuant, m'étaient extrêmement anxiogènes. Par ailleurs, j'ai dû mettre un temps fou à me repérer à travers le labyrinthe de corridors de cette école définitivement trop grande pour moi. Cette situation énergivore s'ajoutait à mon insécurité quotidienne. Par surcroît, les prédateurs à éviter, étaient encore plus nombreux...
À la fin de cette première année d'enfer du secondaire, j'allais devoir recaler! La moyenne générale de l'ensemble de mes cours n'était que de 42%. J'avais obtenu seulement 34% pour mon cours de français. N'ayant ni l'intérêt ni la capacité d'apprendre à écrire correctement, j'évitais systématiquement de le faire lorsque je pouvais m'en exempter. Il en était de même pour la lecture où je devais péniblement m'appliquer à tâcher de découvrir chaque mot qui se présentaient sous mes yeux, avant de pouvoir les formuler verbalement. Lorsque je ne pouvais pas échapper à un test de lecture en classe, j'émettais alors pratiquement des sons saccadés pour chacune des syllabes à prononcer. Je présentais tellement d'hésitation que celles-ci n'apparaissaient pas rattachées les unes aux autres. Cela provoquait à tout coup le rire de certains enfants. Aussi, j'étais incapable de dégager, mais encore moins de retenir le sens du texte que je m'efforçais de déchiffrer comme s'il s'agissaient d'un barbouillage inintelligible.
Finalement, je ne suis parvenu à lire entièrement mon premier livre qu'à l'âge de 18 ans. C'est ma sœur cadette, âgée de plus de 4 ans de moins que moi qui me l'a offert le jour de mon anniversaire. Contrairement à moi, ma sœur a toujours été une première de classe depuis son tout jeune âge. Ce bouquin s'intitule La magie de voir grand, fixez-vous des buts élevés... et dépassez-les! (1983) de David Joseph Schwartz, aux Éditions Un monde différent.
Malgré mes limitations lexicales colossales de cet époque, j'étais incapable de m'extraire de cette lecture qui me conduira rapidement par la suite, à devenir un excellent vendeur de chaussures italiennes de luxe. Notez qu'il était extrêmement étonnant que je ne fusse pas rebuté par ce volume qui compte près de 400 pages de texte. Par la suite, je me suis métamorphosé en outremangeur de livres, en les dévorant copieusement les uns après les autres. Cela m'a d'ailleurs amené à nouveau sur les bancs d'école, après une pause de trois ans sur le marché du travail. Je réaliserai à ce moment huit années et demie d'études supérieures... Je vous invite à consulter mon premier ouvrage intitulé De psychologue à psychotique, l'homme derrière les étiquettes (2014), aux Éditions Québec-Livres, si vous désirez comprendre plus amplement la nature de cet éveil cognitif aussi manifeste que tardif de mon développement intellectuel.
Comme vous pouvez constater dans le contenu de ce site, depuis 2012 j'ai réalisé plusieurs écrits (livres & articles) traitant de ma réalité atypique d'entendeur de voix, puis des principaux aspects impliqués dans la construction d'un espace thérapeutique sécuritaire et approprié en psychothérapie d'approche analytique. Aussi, écrire correspond pour ma part à l'une des meilleurs stratégies d'adaptation me permettant de mieux composer avec les voix que j'entends ou que je perçois autrement de façon quotidienne depuis 2011. L'écriture correspond à une activité aussi nourrissante qu'exutoire me permettant de m'habiter plus pleinement et plus intensément.
En plus de me permettre de m'accomplir et de m'actualiser, cette activité gratifiante laisse beaucoup moins d'espace vacant à l'intérieur de moi, ce qui ne laisse que très peu de place à la manifestation des voix qui semblent tendre naturellement à squatter des parties de moi en mobilisant mon appareil psychique et mes pensées. M'activer ainsi à la réalisation de projets d'écriture me permet donc de mettre les voix en sourdine plutôt qu'utiliser des stratégies plus passives et nettement moins efficaces que d'écouter de la musique à travers un casque d'écoute, par exemple. Je m'applique donc à écrire le plus fréquemment possible. Un autre entendeur de voix parviendra à un résultat semblable en dessinant, en jouant de la musique ou en s'appliquant à se mettre en projet de toute autre façon que ce soit...